Investissement

Comment convaincre un comité de direction d'investir dans un produit saas quand le chiffre d'affaires est incertain

Comment convaincre un comité de direction d'investir dans un produit saas quand le chiffre d'affaires est incertain

Investir dans un produit SaaS quand le chiffre d’affaires reste incertain : voilà une question qui revient souvent dans les comités de direction. J’ai moi-même été confrontée à ce dilemme à plusieurs reprises, que ce soit pour convaincre une entreprise en phase de scale-up d’adopter un CRM comme HubSpot ou pour pousser l’intégration d’une solution d’automatisation marketing. Voici comment je construis mon argumentaire, étape par étape, pour transformer l’incertitude en décision raisonnée et mesurable.

Partir des objectifs métier, pas de la technologie

La première erreur que je vois souvent : commencer par vanter les fonctionnalités du produit. Les décideurs veulent savoir ce que l’outil permettra d’accomplir pour l’entreprise. Je commence toujours par recadrer la discussion autour des objectifs concrets : réduire le churn, augmenter le taux de conversion des leads, diminuer le coût d’acquisition client (CAC), améliorer la productivité des équipes commerciales. Ensuite, j’aligne les capacités du SaaS sur ces attentes.

Construire un cas d’usage financier simple et crédible

Quand le chiffre d’affaires est incertain, il faut s’appuyer sur des hypothèses claires plutôt que sur des promesses vagues. J’utilise un tableau de scénarios — pessimiste, réaliste, optimiste — pour montrer l’impact potentiel sur le chiffre d’affaires, la marge et le cash-flow. Voici un exemple de structure que j’intègre dans mes présentations :

Scénario Hypothèses clés Impact CA sur 12 mois ROI attendu
Pessimiste -5% de conversion / adoption lente +2% de CA ROI 8-12 mois
Réaliste +10% de conversion / adoption standard +8% de CA ROI 6-9 mois
Optimiste +20% de conversion / adoption rapide +18% de CA ROI 3-6 mois

Ce type de tableau rassure le comité car il montre que j’ai pensé aux risques et que les marges de manœuvre sont maîtrisées. J’indique aussi les variables d’entrée (taux de conversion, valeur moyenne de commande, coût moyen par acquisition) et la sensibilité du résultat à ces variables.

Prioriser un pilote à faible coût et à impact mesurable

Plutôt que de demander un budget massif d’emblée, je propose systématiquement un pilote limité dans le temps et l’échelle. Un pilote permet :

  • de valider les hypothèses métier et techniques ;
  • d’identifier les freins à l’adoption ;
  • de fournir des premiers KPIs tangibles à présenter au comité.
  • Par exemple, pour une solution d’automatisation commerciale, je propose souvent :

  • 3 mois d’essai avec 2 équipes commerciales pilotes ;
  • objectifs KPI clairs : nombre de rendez-vous qualifiés, taux de conversion, temps moyen pour conclure ;
  • revue à 30/60/90 jours avec chiffres réels et feedbacks utilisateurs.
  • Mettre en avant les leviers de réduction du risque

    Les membres du comité veulent s’assurer que l’investissement ne mettra pas l’entreprise en danger. Voici les leviers que j’expose systématiquement :

  • clauses contractuelles : période d’essai, SLA, pénalités de non-performance ;
  • modèle de tarification flexible : abonnement month-to-month plutôt que engagement long si possible ;
  • plan de désengagement : comment sortir de l’outil sans perte majeure de données ni coûts cachés ;
  • intégration progressive : API, intégrateurs partenaires, pas de changement « big bang ».
  • Choisir des KPIs opérationnels et financiers

    Pour que le comité puisse suivre l’efficacité de l’investissement, je définis des KPIs clairs et actionnables, reliés aux objectifs métier :

  • KPI financiers : CAC, LTV, marge brute par client, délai de récupération (payback) ;
  • KPI opérationnels : taux d’adoption utilisateur, temps gagné par tâche, taux de réponses commerciales, nombre de leads qualifiés ;
  • KPI qualité : taux d’erreur réduit, satisfaction client interne (NPS des équipes).
  • Chaque KPI est accompagné d’un plan de reporting et d’une fréquence (hebdo, mensuel, trimestriel) afin que le comité puisse suivre la progression sans attendre une année.

    Anticiper et répondre aux objections courantes

    Voici les objections que j’entends le plus souvent, et la manière dont je les adresse :

  • « Et si ça ne marche pas ? » : proposer un pilote + clauses de sortie + seuils de performance ;
  • « On n’a pas de cash » : montrer l’effet sur le cash-flow (payback), alternatives de financement, ou phase paiement échelonné ;
  • « Nos équipes vont résister » : plan de conduite du changement, champions internes, formation sur mesure ;
  • « C’est trop complexe à intégrer » : proof-of-concept technique, roadmap d’intégration et ressources dédiées (IT/PMO).
  • Illustrer par des cas concrets

    Les histoires parlent plus que les slides. J’utilise toujours au moins un cas client (ou interne) comparable :

  • Comment une PME a réduit son CAC de 25 % en mettant en place un outil d’automatisation et en réorganisant ses séquences commerciales ;
  • Comment une entreprise du SaaS a accéléré son time-to-value grâce à un onboarding automatisé et a réduit le churn de 15 % ;
  • Exemples de solutions connues : HubSpot pour la conversion inbound, Salesforce + Outreach pour l’outbound, Notion/Asana couplés à Zapier pour automatiser les processus internes.
  • Ces exemples montrent le chemin, pas seulement le résultat théorique.

    Impliquer les bons sponsors et champions internes

    Un projet SaaS ne se vend pas uniquement par la logique financière : il a besoin d’un sponsor au COMEX et d’un champion opérationnel. Je m’assure d’aligner :

  • un sponsor stratégique (ex : DG, COO, CFO) qui porte la vision ;
  • un sponsor opérationnel (ex : Head of Sales, Head of Marketing) qui porte le quotidien et l’adoption ;
  • un référent IT pour la faisabilité technique et la sécurité.
  • Avec ces acteurs présents dans la présentation, le comité voit que le projet est soutenu à tous les niveaux.

    Présenter un calendrier et des livrables clairs

    Enfin, j’apporte un calendrier précis avec jalons et livrables : kickoff, configuration, pilotage, mesure des premiers KPIs, décision d’extension. Cela transforme une proposition abstraite en feuille de route concrète.

    Lorsque je présente ainsi un dossier au comité, je joue sur trois registres complémentaires : la crédibilité (chiffres et scénarios), la sécurité (clauses contractuelles et plan B) et la preuve (pilote et cas concrets). C’est ce mélange qui permet de convaincre même quand le chiffre d’affaires est encore incertain : on ne garantit pas l’avenir, mais on montre comment maximiser les chances de succès et limiter les risques.

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